Le désert est une terre de beauté, inutile
et irremplaçable (Albert Camus)
La faune saharienne
Le chameau écrase la faune saharienne de sa masse antédiluvienne, et
de son air méprisant.. D'autres animaux moins essentiels, vivent au
Sahara, et il serait injuste de ne point les nommer. Quelques uns
n'existent plus qu'à l'état de graffiti : girafes, éléphants,
buffles, autruches... comblent les touristes avides de gravures
rupestres, nombreuses dans la région de D'Janet. Par contre, on peut
encore surprendre des mouflons, en zone montagneuse, des gazelles au
pelage roux (hamada) dans les plateaux pierreux, plus clair dans l'erg.
Ajoutons les fennecs, farouches mangeurs d'insectes dont l'immuable
bousier et de lézards et très rares, le lièvre saharien au pelage
isabelle.
Moins agréable, la présence de scorpions et de vipères à cornes au
poison redoutable.
Enfin citons les sauterelles, la plaie du Sahara, mais aussi et quelques
oiseaux tels les traquets du désert, aux plumes blanches et noires.
Flore saharienne
Sans ironie, la flore saharienne peut être évoquée. Certes elle n'a
rien d'exubérante et l'existence même des oasis tient aux efforts de
l'homme, qui maintient ces taches de verdures dans un océan
désertique. Cependant, le règne végétal n'a pas perdu la partie. On
ne peut ignorer l'incontournable présence du bois, cher aux feux de
campement, qui a cette qualité de ne pas être vert... Lorsque les
chameaux sont déchargés, les hommes vont "faire du bois",
expression consacrée. Ce bois est souvent enfoui dans le sable ; notre
concept de racine serait plus adéquat. L'intensification du tourisme
fait hélas craindre que ce bois si utile, spécialement aux Touaregs,
devienne rare. Lorsque les conditions le permettent, il est sage de
prévoir une bonbonne de gaz...
La végétation dans le désert est patiente. Un soupçon d'eau lui
suffit pour des mois, voire des années. C'est ainsi que subsiste le
"pâturage saharien", tant apprécié des chameaux. ;
composé selon les sols, de gros bouquets de drinn, d'herbe fine (nsi),
le damran, le hâd, véritables prés salés sahariens. Citons aussi le
retem, genêt du désert, le girgir, au puissant parfum. Toutes ces
plantes se retrouvent sous le terme générique d'acheb.
Leur force réside dans leurs profondes racines. Qu'une pluie vienne à
tomber, immédiatement l'acheb vous offrira un merveilleux spectacle,
fait de rose, jaune et mauve. Les branches buissonneuses, qui
présentait un aspect de bois mort ressuscitent brusquement, poussent
alors leurs fleurs et leurs fruits. C'est le printemps (el rebia).
Quant aux arbres, le seul à mériter ce nom est le gommier épineux
(acacia ou thala ou ethel) aux épines impressionnantes, parfois
douloureuses... dont raffolent les chameaux. Puis il y a le palmier,
arbre totalement domestique, qui ne doit la vie qu'au concours de
l'homme, donc inexistant dans le désert.
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